L’ÉVOLUTION DE LA MOSAÏQUE


Au Canada, les langues ont toujours été en constante évolution, et elles ne cessent de se transformer. 

Toute langue subit des changements au fil du temps. Au Canada, les emprunts les emprunts
mots empruntés à une autre langue
sont répandus. Au Québec, par exemple, le mot dépanneur est souvent utilisé en anglais. Les « canadianismes » sont aussi très présents, comme le mot dépanneur, qui n’est employé qu’au Canada pour désigner une petite épicerie.

On constate aussi une évolution dans les langues qu’utilisent les Canadiennes et les Canadiennes. Près de 20 % d’entre eux parlent plus d'une langue au foyer. Par ailleurs, le nombre de personnes ayant plus d’une langue maternelle (autre que le français ou l'anglais) augmente également.

Bon nombre de ces langues sont des langues patrimoniales, aussi appelées langues d’origine, c’est-à-dire des langues non officielles qui sont arrivées au Canada après les colonisations française et britannique.

Comparaison : Croissance des langues d’origine sur une période de 25 ans, entre 1991 et 2016

Les langues patrimoniales sont à la hausse. Au cours des cinq dernières années, le nombre de personnes dont la langue maternelle est une langue patrimoniale a augmenté de près d'un million.

Croissance de 20 langues d’origine sur une période de 5 ans, entre 2011 et 2016

Au Canada, les langues patrimoniales sont souvent parlées en combinaison avec d'autres langues. Plus du tiers des Canadiennes et des Canadiens parlent régulièrement une langue autre que leur langue maternelle. La capacité de parler plusieurs langues est connue sous le nom de bilinguisme ou de plurilinguisme.

Les personnes dont la langue maternelle est une langue non officielle sont le plus souvent bilingues ou plurilingues; elles parlent habituellement leur langue maternelle en plus de l'anglais ou du français.

Les personnes bilingues ou plurilingues s’expriment parfois dans plus d’une langue au cours d’une même journée s’ils se sentent plus à l’aise ou estiment qu’une langue est plus appropriée qu’une autre. Ainsi, il est possible qu’une personne choisisse de parler l’arabe à la maison et de communiquer en français à l’école. Certaines personnes changent même de langue au cours d’une seule et même conversation, ce qu'on appelle alternance codique.

Les milieux de travail bilingues, voire plurilingues, sont de plus en plus courants au Canada.

Langues parlées à la maison en 2016

Langues parlées au travail en 2016

Les Canadiennes et les Canadiens bilingues ou plurilingues sont parfois confrontés à des défis en matière de rétention linguistique. Le terme « rétention » désigne la capacité d’une personne à parler sa langue maternelle au foyer. Cette rétention est dite « complète » si la langue maternelle est parlée le plus souvent, et « partielle » si est parlée régulièrement, sans pour autant être la principale langue d’usage au foyer. Le taux de rétention varie selon les langues.

Langues avec un taux total de maintien de plus de 90%, 2016

 Un graphique illustrant  langues avec un taux total de maintien de plus de 90% en 2016. Les langues sont: Inuktitut, Atikamekw, Montagnais, Pendjabi, Mandarin, Tamoul, Ourdou, Coréen, Farsi, Dene.

Certaines langues affichent des taux de rétention faibles en raison de l’étiolement linguistique. La partie IV traite de ce phénomène et de ses conséquences dans le contexte canadien.